Découvrir le Japon

Artisanat France Vs Japon – Salon Résonance[s] 2018

19 novembre 2018

Il y a un mois sur le groupe Facebook Alsace-Japon (oui oui !) j’ai appris que le Japon serait l’invité d’honneur du Salon Résonance[s] 2018. Et que le lundi 12 novembre aurait lieu une rencontre franco-japonaise autour des enjeux de l’artisanat traditionnel. Moment croisé entre la France et le Japon… voilà qui a titillé ma curiosité !

J’arrive sur place à 15h30, une demi-heure avant le début de la conférence. J’ai le temps de faire un tour rapide du salon, et d’être ébahi par les œuvres : toutes plus délicates, créatives et magnifiques les unes que les autres… Avant de me rendre à la « salle » de conférence où on me remet un système audio et une oreillette (classe !). L’invité japonais s’exprimera dans sa langue et une interprète fera à la traduction pendant toute la conférence.

L’attente est courte (ponctualité japonaise oblige) et les deux invités nous rejoignent :

  • Kazumi Murose, Trésor national vivant du Japon
  • Et Gérard Desquand, Maître d’Art

La conférence commence par la présentation respective de leur travail.

Nommé Trésor National Vivant du Japon il y a 10 ans, M. Murose travaille la technique ancestrale de la laque japonaise, depuis 50 ans. Il donne des conférences partout dans le monde et enseigne également à des enfants. Savais-tu que la tradition de laque a plus de 1 000 ans ? Il fabrique aussi lui-même les différentes poudres d’or nécessaire à ses créations. Comme son maître avant lui, son crédo est « Apprendre de la nature ».

Un point commun qu’il partage avec M. Gérard Desquand, graveur, Maître d’Art et enseignant depuis 25 ans. Il a longtemps « gravé l’Histoire des Hommes » (via blasons et cachets) jusqu’à la transmission il y a peu de son atelier. Aujourd’hui il utilise sa technique de graveur sur différentes surfaces comme la porcelaine ou le verre, et s’en sert pour militer pour la protection de la biodiversité.

Je ne vais pas détailler ici l’entièreté de la conférence (tu es rassuré 😉 ?) mais juste te donner mon impression, ce que j’en ai retenu… et quelques photos ! Ce qui m’intéressait était de connaître les différences significatives entre la France et le Japon. Sans jugement de valeur – je précise – car ces différences sont dues à une histoire, à une économie, a un environnement particulier…. Et même s’il y avait une différence ? Ou plutôt des points communs ?

Contrairement au Japon où le titre de « Trésor national vivant » existe depuis les années 50, celui de « Maître d’art » est assez récent puisqu’il date de 1994. En France le Maître d’Art est obligé de prendre un apprenti pour transmettre son savoir-faire. L’obligation de transmission n’existe pas au Japon bien que les maîtres puissent prendre des apprentis. D’après M. Murose cela s’explique par un vivier encore assez important de jeunes désireux de se lancer dans de telles carrières. M. Desquand avoue facilement que les métiers culturels et artistiques ne sont pas une voix vers laquelle les jeunes sont facilement orientés (entre nous, tu as déjà dis à tes parents que tu voulais aller dans une fac d’art ? Moi j’ai tenté et je vous dis pas la réaction, haha) d’où l’importance de ce statut et de la transmission de connaissance.

« Trésors national vivant » cela signifie « conservateurs de biens culturels immatériels importants ». Eh oui ! Au Japon des efforts sont aussi fait pour transmettre le savoir autour de l’usage des objets (et pas seulement leur création). Par exemple : j’ai bien porté un kimono en allant à Kyoto, yep ? Eh bien les 10 couches du kimono (j’ai compté…) c’est quelqu’un qui avait ce savoir qui m’a aidé à le mettre.  Donc non seulement il existe encore des créateurs/fabricants de kimono mais en plus, on les utilise, on les porte, et cela se transmet aussi.

Pour revenir sur la question de la transmission, il faut savoir que les élèves de Maître d’Art on l’obligation de se former à une autre matière (en plus de leur art), à environ 30 % de leur temps. Pour M. Desquand – qui constate que de plus en plus de personnes, au parcours originaux, investissent ces filières d’art et d’artisanat en apportant avec eux une vision différente – trouvent que cela ouvre encore des perspectives. C’est différent du Japon qui encourage au contraire ses artisans à se spécialiser. Il existe par exemple plusieurs catégories d’artisans de la laque…

Dans un cas comme dans l’autre, Maître d’art et Trésors Vivant reconnaissaient bien volontiers que l’économie influence leur travail… et qu’il fallait sans cesse se renouveler, tant au niveau des techniques que des créations. Mais qu’ils avaient aussi/quand même/toujours l’envie de perpétuer ces techniques et ces savoir-faire, de les transmettre à la nouvelle génération afin que ce savoir devienne pérenne.

Une conclusion que je ne peux qu’appuyer, ébahis devant les œuvres et les artistes du Salon Résonance[s].

J’ai été mesuré pour la prise de photo… C’était terrible car tout était magnifique, j’avais envie de te le montrer !! Mais j’ai pensé que ça ne serait pas forcément poli de mitrailler les œuvres sans se préoccuper de ce qu’en pensait l’artiste ou de parler avec lui de son travail. Et je n’avais pas forcément le temps de me taper la tchatche avec tout le monde (ce n’est pas l’envie, c’est le temps qui me manquait) il y a donc eu des compromis !

 

J’espère que cette petite retranscription de la rencontre franco-japonaise du salon Résonance[s] 2018 t’a intéressé. Si c’est le cas n’hésite pas à dire dans les commentaires pour que j’en fasse d’autres ! À la prochaine

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