Billets d'humeur

Apprendre une langue sans se démotiver (mon expérience)

1 mars 2018

Et voilà… je suis à 1 mois du départ au Japon ! Très sincèrement, je ne me rends pas compte du tout que la date se rapproche. Par contre, il y a une chose dont je me rends compte : c’est la barrière de la langue. Et ça me rappelle autre chose…

À peu près à la même période, l’année dernière, pleine de bonne volonté, je suis passée à la FNAC et ai trouvé un chouette bouquin avec des phrases pratiques pour s’exprimer en japonais. J’avais déjà un autre livre, acheté il y a assez longtemps, pour apprendre le japonais. Évidemment je n’ai jamais pu apprendre le japonais avec ces deux livres.

Et ce n’est pas leur faute (ils sont super et je les recommande). Il faut que tu comprennes que j’ai un passé en apprentissage des langues assez compliqué…

Une mauvaise expérience qui « colle »

Arrivée en 6e je rêvais déjà d’apprendre l’anglais pour voyager à travers le monde. Ce rêve n’a d’ailleurs pas changé… et que je parte loin ou moins loin, j’essaie chaque année de continuer à le réaliser. Mais ces rêves ont été un peu cabossés à partir de mon entrée en 5e : je suis tombée sur une enseignante très exigeante, pour ne pas dire cassante… que j’ai eu ensuite pendant 3 années consécutives, c’est-à-dire jusqu’à mon entrée au lycée.

Le collège, c’est un moment plus ou moins délicat où tu apprends à te définir, notamment par rapport à ton entourage. Les remontrances de cette enseignante étaient très fréquentes, les mots assez durs et servaient parfois de prétexte à faire rire la classe. Petit à petit, j’ai arrêté de m’exprimer, me suis décalée en fond de classe… Je me débrouillai aux examens afin d’avoir une note si moyenne, ni bonne ni mauvaise, qu’elle m’aurait oublié et ne m’aurait pas fait de remarques.

C’est un souvenir qui est longtemps resté difficile pour moi. Au lycée, j’ai changé d’établissement et d’enseignant. Mais il était trop tard : j’avais 3 ans de retard.

Si on fait le compte, j’avais fait quatre ans d’anglais au collège, trois ans au lycée et deux ans en faculté… et je ne savais dire que « bonjour » ou des mots très simples.

Heureusement, j’ai eu plusieurs chances :

  • D’abord, je n’ai jamais perdu mes rêves de parcourir le monde (et l’anglais est quand même utile pour ça) ;
  • Ensuite, j’ai toujours préféré regarder les films en version originale (donc je restais en contact avec la langue) ;
  • Enfin, je suis une grosse fan de jeu vidéo (j’étais donc régulièrement confronté à du vocabulaire).

La rencontre qui change tout

L’année dernière, j’ai sauté le pas : j’ai utilisé mon compte personnel de formation (tu sais le fameux CPF) pour démarrer une formation de 55 heures en anglais. Ce qui m’a motivé ? Je suis tombée sur la bonne personne (boum badaboum, ouais coup de cœur !).

Nicholas Beecroft, formateur à Anglobe, proposait une autre approche et je savais que c’était ce qu’il me fallait : aucune salle de classe. Jamais. Mais des cafés, des musées, des parcs, des balades en ville ou en pleine nature… Le tout concentré sur la prise de parole et le dialogue. Tout ça sur des sujets qui me tenaient à cœur et qui me plaisait : le Japon bien sûr mais également les sciences, l’astronomie, les réseaux sociaux, le marketing, les nouvelles technologies, la culture, l’art contemporain, etc.

Avec patience, il m’a accompagné pendant un an. Je te vois venir : au bout d’un an certaines personnes parlent déjà une langue couramment. Ce n’est pas mon cas mais aujourd’hui : je parle. Oui, aujourd’hui les mots sortent de ma bouche, je ne suis plus bloquée, les larmes ne me montent plus aux yeux…

Balade en groupe, à Oberhaslach en Alsace, sous la neige… Pour faire classe on a vu moins classe !

Être récompensé pour ses efforts

J’ai même vécu quelque chose de très agréable, en fin d’année 2017, qui n’aurait sans doute pas été possible il y a quelques temps… Deux japonaises cherchaient leur chemin à la gare de Strasbourg, afin de se rendre à la Cathédrale. Elles m’ont demandé leur chemin en s’exprimant dans un anglais tout à fait correct (c’est assez rare pour le souligner). J’ai non seulement pu leur indiquer le chemin de la Cathédrale mais en plus, en les accompagnant, j’ai pu apprendre qu’elles venaient de Tokyo, qu’elles restaient 1 mois en France, qu’elles aimaient beaucoup notre pays et j’ai pu leur dire que moi-même, j’irai bientôt au Japon, que moi-même j’aimais beaucoup leur pays… Ça nous a toutes les trois beaucoup émues je pense.

💙

😀 Oulà, c’était un article un peu long ! Mais j’avais vraiment envie de te raconter cette expérience et la manière, très personnelles bien sûr, dont je l’avais vécu.

Attention : je ne suis pas d’accord pour dire que toutes les enseignantes et tous les enseignants en langues étrangères en France sont « mauvais » ou « manque de pédagogie ». Devant une classe de 30, voir 35 élèves, ils n’ont parfois tout simplement pas les moyens de correctement nous accompagner et c’est bien dommage… Mais il ne faut pas leur jeter la pierre. J’aimerais plutôt que tu vois cela comme une façon de dire que tout est possible : ça peut prendre un an, deux ans… Parfois il faut un peu chercher la méthode qui nous convient mais il y en a toujours une, et quelqu’un pour nous aider 🙂

Ne te sens jamais « nulle en langue ». Demande-toi juste pourquoi, avec qui et de quoi tu souhaites parler, ce que tu souhaites apprendre ! Ça motive à fond.

Pour mon voyage au Japon, je ne m’inquiète plus : je vais y aller avec mon petit vocabulaire, mes maladresses mais beaucoup de bonne volonté. Aujourd’hui je sais que les mots sortiront de ma bouche et ne resteront plus bloqués.

Si tu as de bons ou de mauvais souvenirs d’apprentissage en langue je serai très contente que tu me les partage en commentaire !

Crédits photographiques : couverture @Victor – Pexel, et le reste c’est bibi.

You Might Also Like

2 Comments

  • Reply Haas Noëlle 2 mars 2018 at 21 h 52 min

    J’ai trouvé ton article très intéressant. Plein d’espoir et de vérités. Nous les français sommes mauvais en langues. Il serait peut-être temps de se demander pourquoi. 😮

    • Reply Laura 9 mars 2018 at 9 h 19 min

      Merci pour ce gentil commentaire, cela m’encourage beaucoup 🙂 Bisous

    Leave a Reply